Kiosk Péi

Avec le Kolektif Mayamay ( Amanda Goicovic ) ,
La Cité des Arts de Saint-Denis La Réunion - 2025

Recherche et expérimentation en art & design

« Il est difficile de retrouver des traces historiques précises de ces espaces : leur origine est floue. Cependant, des images d’archives montrent des kiosques dès les années 1910 à Cilaos, dans des parcs aménagés pour les colons venus en villégiature. Un premier discours sur l’origine des kiosques laisse penser qu’il s’agit simplement d’équipements publics destinés aux loisirs et au repos. D’abord conçus pour accueillir les colons venus chercher le changement d’air, ces abris ce sont, au fil du temps multiplié sur l’ensemble. L’Île, et ont été investis par l’ensemble de la population réunionnaise, devenant les lieux emblématiques des pique-niques dominicaux. Ces pratiques ont peu à peu fait des kiosques un élément central de la culture réunionnaise. Il nous semble cependant important de proposer un second discours, qui ne reposerait pas uniquement sur les archives historique hérités du colonialisme, et qui ne réduirait pas l’identité réunionnaise à une visio européano centré, en occultant les autres composantes culturelles qui la constituent, africaine, malgache, indienne, chinoise, marronne. Cette proposition s’inspire d’autres territoires, où des formes d’abris similaires ont des fonctions collectives riches : parfois outils au service d’une communauté, lieux de décision et d’organisation collective, parfois encore espaces de spiritualité locale ou de vie commune comme les carbets au Suriname/Guyane, les salles vertes, les rondavelles en Afrique de l’Est, les abris à Madagascar... Dans cette perspective, les kiosques ne sont plus de simples équipements techniques de l’espace public. Ils peuvent répondre à des besoins contemporains de convivialité, de rassemblement, de création collective, de souveraineté alimentaire, ou encore d’autonomie culturelle. »

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Kiosk in plas laprantisaj

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